Nous plongeons ce 9 février dans l'art et l'eau glacée. L'art : Usine 798, un lieu synonyme à Pékin d'art contemporain chinois. Pourquoi ce nom, usine 798 ? En Chine, les
usines des entreprises d'état avaient pour unique nom un chiffre. Il suffit ainsi d'indiquer à un taxi "798" (tchidioba en chinois phonétique) pour se rendre dans ce lieu. Très
pratique.
L'Usine 798, spécialisée jusqu'à sa fermeture dans les produits électroniques, a été construite dans les années 50 avec l'aide de l'Allemagne de l'Est : architecture style Bauhaus et
quelques "cadavres" de machines outils avec plaques de fabricant en allemand. Cette friche industrielle, maintenant avalée par l'expansion de la ville, a été investie par des artistes à partir de
2002. Depuis, les galeries d'art où sont vendues peintures, photos et sculptures les ont rejoints, ainsi que des institutions liées à l'art.
Tous les modes d'expression sont utilisés. Nous avons été
très étonnés de trouver exposées certaines oeuvres clairement critiques envers le régime communiste. La censure a contrôlé mais a laissé passer. Signe d'ouverture ? Il serait
intéressant de retourner maintenant voir si les événements de ces dernières semaines ont changé la donne.
Auto-réflexion ! Pékin, ensoleillé, mais toujours aussi froid
!
Ambiance très industrielle. Le mieux pour découvrir cet
endroit est de se perdre au hasard (impossible avec Jérôme, dixit Juliette...) des bâtiments et des dédales de couloirs et de se laisser surprendre par la découverte de galeries aux oeuvres
singulières.
Nous sommes bien dans une friche industrielle. Seul regret
: 3 jours après le nouvel an, les artistes sont restés au chaud, beaucoup de galeries étaient fermées. Cela ne fait qu'accentuer notre désir de retourner au 798!
Après l'art, la glace. En fin d'après-midi, nous nous
sommes promenés autour du lac Qianhai, connu pour ses nombreux bars et les Hutongs très proches. Le lac, comme au Palais d'été, est gelé et fait la joie des Pékinois.
Nous avons eu une démonstration de nage papillon. Il avait
le lac pour lui tout seul ! Etant donné que c'est la seule personne que nous ayons vue et que nous ne sommes pas restés assez longtemps à Pékin, nous ne savons pas si cette personne est un
téméraire isolé ou s'il existe une pratique traditionnelle des bains glacés comme on peut la trouver en Russie. Des sinologues bien informés peuvent peut-être nous renseigner ?
Pour finir cette journée d'art et de glace, il fallait se
restaurer. Pour cela, nous avons déambulé dans la "rue fantôme" ou "Dongzhimennei Guijie", "Guijie" pour les initiés. Plus de 100 restaurants ouverts soi disant toute la nuit (nous n'avons pas
vérifié) s'y trouvent. Ambiance très chinoise avec ces centaines de lanternes.